↓Aller au contenu
Versisognanti

Vent d'Oubli

Le vent est traducteur de rêves, léger et froid,
transforme les désirs en syllabes à oublier,
et les confie au souffle qui ne se retient pas,
les alignant sur une page sans nom.
Chaque rêve devient instruction pour l’oubli,
un guide d’omissions dicté par l’air lent,
des règles de silence apprises à chaque souffle,
un mot qui efface la mémoire comme la neige.
Si le vent commande, il ne reste que de fermer la porte,
d’ouvrir à une nuit qui ne demande pas d’explication,
les mots se dissolvent dans un brouillard que nul ne ramasse,
l’aube reste neutre, entre les lignes de l’oubli.

Explication

La composition se présente comme une méditation lyrique sur la nature éphémère de la mémoire et le rôle actif, presque prédateur, du langage dans le processus d’oubli. Le texte ne décrit pas simplement la perte, mais en analyse l’architecture mécanique, personnifiant le vent—le vent même—comme un agent mythique capable de transmuter les désirs oniriques en de simples résidus linguistiques destinés à l’annulation.

Le poète établit immédiatement une relation synesthésique entre émotion et élément naturel : le vent n’est pas seulement de l’air, mais un “traducteur,” une fonction qui implique à la fois la médiation et la distorsion. Les rêves sont ici matière brute, des désirs chargés d’une vitalité émotionnelle, mais cette énergie est immédiatement soumise à un processus de filtrage narratif. Les syllabes ne conservent pas le sens intérieur du rêve ; au contraire, elles sont “à oublier,” suggérant que l’acte même de verbalisation est déjà une forme d’érosion sémantique.

Le noyau thématique se développe autour de l’idée que la mémoire est un construit fragile, gouverné par des règles externes et invisibles. L’oubli n’est pas ici un événement passif ; il est structuré comme une “guide d’omissions,” dictée par l’air lent—un rythme presque bureaucratique qui impose le silence. Cette *règle du silence

Autres poèmes